Tu nous as laissés avec nos regrets. J'aurais aimé trouver les mots, j'aurais préféré que
tu aies la force de rester parmi nous. Je t'aurais prouvé que la vie vaut le coup d'être vécue, même sans amour. Je t'aurais fait découvrir qu'on peut puiser le bonheur ailleurs, que si l'on prend
le temps de s'arrêter quelques instants pour regarder autour de soi, on se rend compte des merveilles qui nous entourent.Mais tu as fait ton choix Marie, et on se retrouve là, sans toi. Les couleurs se ternissent, et j'ai du mal à croire en ces choses qui me faisaient espérer, avancer. Plus rien n'a de sens, et le monde n'est plus si merveilleux finalement. Tout semble si banal, si triste tout à coup.
Alors ça y est, tu n'as plus rien trouvé à quoi te raccrocher?
Sache juste que je respecte ta décision tata.
Certains diront qu'il s'agit d'une faiblesse, d'autres que tu as fait preuve de courage, moi je dirais simplement que tu as choisi de prendre un autre chemin, et qu'il est bien difficile de poursuivre celui-ci à présent.
L'horizon est flou, nos têtes pleines de questions, de remords.
Je sais qu'il ne faut pas culpabiliser, on me l'a trop répété...mais comment veux-tu que j'accèpte l'idée de ne plus t'avoir à nos côtés? A qui je vais raconter mes vacances par cartes interposées...cartes que tu savais toujours si bien choisir. J'attendais tes réponses avec impatience à chaque retour de séjour. J'en ai déposé deux sur mon bureau, au travail, por que tu sois toujours la première à laquelle je pense tous les matins.
Ca me donne une raison de poursuivre ma route, un sens à ma journée. J'en profite pour nous deux Marie, chaque nouvelle expérience je la partage avec toi à présent. Je n'ai pas l'intention de mettre un terme à tout ça. Je parviens enfin à prendre du plaisir dans ce que j'entreprends, que ce soit au travail ou en dehors, et je sais que tu veux que je continue à voir du rose là où tu voyais du noir...
Tu as du retrouver papi, je te charge de lui dire qu'il me manque et que je pense à lui bien souvent. Tu me manques déjà...Et à nous tous.
Charlotte ne le montre pas, mais elle souffre beaucoup. Comment ne pas penser à toutes ces fois où tu nous as invitées chez toi toutes les deux!!
C'était toujours des moments de joie, de rigolade, de partage, et de découverte. Tu aimais nous montrer les photos de tes nombreux voyages, tous ces pays que tu as pu visiter. Et puis il y avait les sorties macdo...lolotte était toujours comme une folle...et moi par la même occasion (rien qu'à voir son sourire...).
Je crois que je ne réalise pas. Je ne veux pas.
Je discutais avec mamie samedi quand j'ai été la voir pour la première fois dans sa maison de retraite (j'ai honte)
et elle me disait le sourire aux lèvres que tu allais mieux, que tu t'occupais beaucoup et que tu allais pouvoir rentrer à ton appart'. Deux jours plus tard, je
reçois cet appel de maman...deux jours...comment est-ce possible?Est-ce que tu voulais protéger mamie? Ou bien est-ce elle qui voulait me mettre à l'abris de tout ça? Peu importe.
J'ai eu peur Marie, peur que cette nouvelle assome papa et mamie, peur que ça ne les fragilise qu'un peu plus...
Mais ils semblent tous comme résignés, expliquant que tu ne souffres plus, que tu es bien là où tu es.
Je ne suis pas d'accord? Je n'accèpte pas si facilement. Non. Je ne me ferais pas à cette idée, je refuse de m'y obliger.
J'aurais aimé que tu restes, que tu trouves un sens à ta vie, je ne me satisferais pas d'autre chose. C'est trop simple. Mais peut-être suis-je trop idéaliste après tout, surement.
J'ai besoin d'y croire, de continuer d'espérer que la vie vaut le coup d'être vécue. Je me pose encore plus de questions maintenant...alors une vie sans amour n'a réellement plus aucun sens tata? Celui des amis et de la famille ne suffit donc pas? A quoi bon avoir une grande famille si c'est pour se retrouver seule au final? A quoi bon?
Je n'ai pas envie d'être à Lundi, je sais déjà comme ce jour va être difficile...
Francis, mag, sam et lolotte ne seront pas là, ils n'en ont pas la force, ne leur en veut pas.
Moi j'en ai besoin. Besoin de te dire au revoir, besoin de te parler...mais peur...peur de la douleur que ça va représenter, peur d'enfin réaliser, de voir la famille triste autour de toi...peur...mais je vais l'affronter pour toi.
Tu seras toujours là tu sais, à mes côtés, quoi que je fasse, dans mon coeur, dans nos coeurs.
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